Du bienfait du sport pour l’économie, la santé et contre le Covid

25 octobre 2022 à 15:10 | 161 vues

Le sport, c’est la santé ! Assurément

Non seulement pour la santé économique d’un pays, d’une région ou d’une ville. Mais aussi pour le bien-être physique et moral de ses pratiquants de tout âge. Son impact positif s’observe même dans la résistance au Covid.  

Que représente le secteur du Sport et du Bien-Être en Belgique ?

L’économie du sport génère 9,43 milliards d’euros et emploie 122.240 personnes en Belgique.

C’est ce qu’il ressort d’une étude de 2015, commandée conjointement par l’ADEPS en association avec Sport Vlaanderen. Des conclusions qui émanent du compte satellite du sport (CSS) pour la Belgique. Menée par l’université de Sheffield Hallam et SportsEconAustria, cette étude s’inscrit dans une volonté de la Commission européenne de se doter d’une méthode statistique propre au sport pour l’ensemble des États membres.

En réalité, la valeur ajoutée brute du sport en 2015 se monte à 6,641 milliards d’euros, comparée à l’alimentaire (plus de 7 milliards) ou encore au secteur énergétique (6,091 milliards).

Mais si on additionne les effets directs, indirects et les effets induits par le sport au travers de la consommation des personnes travaillant dans le secteur, c’est un effet total de 9,430 milliards d’euros qui est généré soit 2,53% de l’ensemble de l’économie belge.

En termes d’emplois, le secteur fait travailler 122.240 personnes (soit 2,72% de l’ensemble des salariés en Belgique. Pour les seuls effets directs, ce sont 92.321 personnes.

Par ailleurs, les salaires directs liés au sport s’élèvent à 2,832 milliards avant impôts et cotisations sociales. Si on ajoute les effets indirects et induits, ces revenus atteignent 3,863 milliards.

Le Top 3 des secteurs bénéficiant de Valeur ajoutée brute (VAB) directe du sport sont la logistique (1,909 milliard d’euros), l’éducation (1,843 milliard d’euros) et les Services de commerce de gros hors auto et moto– (668 millions d’euros).

Toujours selon le compte satellite, 1 million d’euros d’argent public investi dans le sport parvient à générer une valeur ajoutée brute de 613.000 euros et crée 11,1 emplois.

Rien que le fitness, en 2019, représente un chiffre d’affaires de 455 millions en Belgique, et on estime qu’un Belge sur dix est amateur de fitness.

De l’impact économique des mesures COVID

Parmi les différents secteurs, celui des ‘Arts, spectacles et activités récréatives’, en ce compris le sport et bien-être, a particulièrement été impacté par les mesures de confinement liées au coronavirus. Tant en Belgique que partout ailleurs dans le monde.

Selon Statbel, l’office belge de statistique, il a vu son chiffre d’affaires diminuer de près d’un tiersentre le 4e trimestre 2019 et le 4e trimestre 2020 pour retrouver son niveau pré-Covid au 3e trimestre 2021.

Chiffres d’affaires d’après les déclarations à la TVA par activité économique (NACE 2008), Belgique, entre 2019 et 2021

Mais la période post-Covid s’annonce sous de meilleures auspices. En termes d’investissements, le secteur a enregistré un pic au 3e trimestre 2021 avec des investissements s’élevant à 226.197€ contre 184.490€ fin 2019.

Investissements d’après les déclarations à la TVA par activité économique (NACE 2008), Belgique, entre 2019 et 2021

Des impacts du COVID sur le secteur du sport et du bien-être

Dans son Diagnostic de décembre 2020, perspective.brussels reprend un tableau évoquant l’impact de la crise Covid sur le chiffre d’affaires du secteur de l’évènementiel et des activités récréatives en Belgique.

Par rapport aux chiffres d’avant crise, cela se traduit par une baisse phénoménale allant de 77% (autour du 4e trimestre 2020) à 86% (de mars à mai 2020).

On remarque que c’est le secteur ‘Événementiel et activités récréatives’ qui a enregistré la plus grosse perte de chiffre d’affaires. Devant le secteur Horeca qui est la seconde grande victime des mesures de confinement liées au coronavirus.

Les autres secteurs, moins fragilisés, ont surtout eu à souffrir des mesures sanitaires imposées au début de la pandémie.

Impact du confinement sur la santé des Belges

En Belgique, à partir du 13 mars 2020, diverses mesures restrictives ont été mises en place par le Conseil national de sécurité. L’objectif était d’endiguer la propagation du COVID-19 au sein de la population. Outre l’impact direct de l’épidémie sur la santé, ces mesures ont également eu des conséquences indirectes sur la santé et le mode de vie des citoyens.

C’est notamment ce qu’il ressort des enquêtes en ligne, organisées à intervalles réguliers, par Sciensano. Au total, neuf enquêtes ont eu lieu entre avril 2020 et décembre 2021.

Non seulement, la pratique de la plupart des sports n’était plus possible, mais la santé mentale en a aussi pâti.

La santé mentale s’est détériorée dès le début de la crise COVID-19, avec des niveaux plus élevés de troubles anxieux et dépressifs (en particulier chez les jeunes), des niveaux inquiétants de pensées et de tentatives suicidaires, un faible soutien social et une faible satisfaction de vie.

En décembre 2020, le nombre de personnes de 18 ans et plus montrant des signes de dépression et d’anxiété était plus élevé qu’en juin et septembre de la même année.

Alors que les enquêtes de juin et octobre 2021 avaient montré une amélioration, en décembre 2021, les indicateurs de santé mentale se sont détériorés suite à l’augmentation des contaminations et au renforcement des mesures.

Entre fin 2017 et mi 2020, le nombre de travailleurs absents de longue durée en raison du stress ou d’un burn-out était passé de 4.163 à 10.597 soit une croissance de 155 % qui représente un coût considérable pour la Sécurité sociale : près de 155 millions d’euros par an.

Bienfaits du sport sur la santé et la résistance au COVID

Outre ses bienfaits pour la santé physique et mentale, le sport est aussi un moyen de se protéger contre le coronavirus.

En effet, diverses études ont été menées et la conclusion est unanime : être régulièrement actif permet de renforcer son système immunitaire et d’ainsi diminuer ses chances d’attraper le Covid.

Ainsi, d’après un article du Dr. Monique Tello au Harvard Health Publishing, « […] les personnes qui étaient constamment inactives avaient un risque significativement plus élevé d’hospitalisation, d’admission en soins intensifs et de décès après avoir reçu le COVID-19 que celles qui étaient actives pendant au moins 150 minutes par semaine. En outre, les personnes qui étaient actives pendant plus de 10 minutes par semaine bénéficiaient d’une certaine protection contre les maladies graves ou le décès dus au COVID-19, mais pas autant que celles qui étaient actives pendant 150 minutes. […] Cette étude est une raison de plus pour encourager et promouvoir l’activité physique pour tous. Les entreprises pourraient mettre à disposition des gymnases ou des abonnements de fitness, des bureaux debout et des pauses de mouvement. »

Ou encore, d’après une autre étude publiée dans le British Journal of Sports Medicine, « Les patients atteints de COVID-19 qui étaient constamment inactifs présentaient un risque plus élevé d’hospitalisation, d’admission en soins intensifs et de décès dû au COVID-19 que les patients qui respectaient constamment les directives en matière d’activité physique. Les patients qui étaient constamment inactifs avaient également un risque plus élevé d’hospitalisation, d’admission en soins intensifs et de décès dû au COVID-19 que les patients qui pratiquaient une activité physique. »

En citant Science Direct, on peut donc en retenir que « l‘activité physique, même à faible dose, est associée à un risque moindre de maladie mentale. L’activité physique de loisir et de transport est la plus susceptible de conférer des avantages pour la santé mentale. »

Bref, à vos baskets !

TVA et déductibilité des chèques sport

Le sport est bénéfique à l’ensemble, ceci n’est plus à démontrer. Toutefois, les règles en matière de déductibilité et taux de TVA applicables manquent encore de clarté et pourraient devenir plus avantageuses fiscalement. De plus, simplifier et harmoniser la règlementation favoriserait l’activité physique régulière.

Le secteur du sport n’ayant pas été considéré comme essentiel, les mesures Covid ont eu un lourd impact sur son chiffre d’affaires. Pourtant, c’est un acteur économique et social important en Belgique. En plus de participer pour 1,63 % du PIB, en employant directement près de 100.000 personnes, ce secteur doit exister et continuer à opérer si l’on veut vivre dans une société saine.

Les chèques sport et culture constituent une forme de rémunération alternative que les entreprises offrent à leurs employés tout en bénéficiant d’un régime fiscal avantageux. En effet, ils sont exempts d’impôt à conditions de respecter certaines règles pour ne pas être considérés comme une rémunération. Il s’agit, entre autres, de ne pas dépasser 100 euros sur base annuelle par collaborateur, ou encore d’avoir une validité de 15 mois, toujours du 1er juillet de l’année de l’attribution jusqu’au 30 septembre de l’année suivante (pour l’ensemble des conditions voir ici). Ces chèques peuvent être utilisés dans l’achat d’un abonnement au sein d’un club de sport.

Toutefois, bien que considérés comme un avantage social, ces chèques ne peuvent être déduits par l’employeur à titre de frais professionnels. Or, donner aux entreprises l’opportunité de déduirefiscalement les abonnements sportifs en totalité encouragerait davantage la pratique d’un sport auprès de son personnel. In fine, cela contribuerait à une amélioration globale de la santé mentale et physiquepour l’ensemble de la société.

Dans notre pays, on compte plus de 25.000 clubs sportifs proposant des activités aussi bien libres qu’encadrées. Mais le taux de TVA applicable aux clubs sportifs dépend du type d’activités qu’ils proposent. Aujourd’hui, les activités sportives encadrées sont taxées à 21% tandis que celles libresbénéficient d’un taux réduit de 6% (pour autant que ceci soit démontré, généralement via du rulingfiscal, ce qui représente une situation d’incertitude permanente). Pour bénéficier d’un taux réduit à 6%, l’astuce consiste néanmoins à octroyer l’accès à des installations culturelles, sportives ou de divertissement. Maintenir un taux unique de 6% se justifie d’autant plus que pratique sportive libre ou encadrée en club sont plus complémentaires qu’opposées…

Il est donc important de clarifier et simplifier la réglementation autour des chèques de sport et des activités sportives en appliquant un taux unique et en supprimant certaines limitations existantes. Celapour le bien de tous.

Qu’attendons-nous pour estimer le sport comme un bien de première nécessité ?

Coûts directs et indirects de l’absentéisme au travail

On parle d’absentéisme lorsqu’un travailleur est régulièrement absent au travail, avec ou sans raison valable. D’après une enquête menée par Partena Professional, entre 2018 et 2021, les entreprises de moins de 50 salariés observent un taux d’absentéisme de 26,1% contre 33,1% pour les entreprises de plus de 100 salariés. Selon une étude menée par Mensura, sur les 1.913 personnes interrogées, 55% des travailleurs se sentent généralement moyennement (41%) à très stressés (14%) par leur travail.

Ces taux élevés sont révélateurs d’un malêtre au travail. Le stress et le burn-out font partie des principales causes d’absentéisme. Un mode de vie sain est la clé pour une équipe dynamique qui se sent bien dans sa peau. La pratique du sport de manière régulière, et encouragée par l’employeur, est une occasion de faire une pause et de décompresser. Gérer son stress n’est pas un exercice facile et pourtant l’exercice physique a un effet apaisant évident sur l’anxiété. En effet, avec seulement 30 min d’activité physique par jour, vous pouvez réduire le stress perçu et mieux le maitriser.

Par ailleurs, l’absentéisme a des coûts directs et indirects. En coûts indirects, on identifie les coûts de gestion comme contrôler et rapporter la raison de l’absence, les coûts de remplacement comme le salaire versé au remplaçant, la perte de productivité, ou encore les coûts sociaux liés à la dégradation du climat social au sein de l’entreprise. Les coûts directs, quant à eux, correspondent au salaire garanti. « Étant donné qu’en tant qu’employeur, vous continuez à payer le salaire, l’absentéisme pour cause de maladie représente 2,6 % des coûts salariaux totaux qui vous incombent. »

A côté des coûts pour l’entreprise, les congés maladies représentent aussi beaucoup d’argent pour les pouvoirs publics. Sur base d’une étude d’IDEA Consult réalisée à la demande de Federgon, les 439.572 Belges qui étaient en incapacité de travail de longue durée en 2019 ont coûté 21,2 milliards d’euros aux pouvoirs publics. « Septante pour cent de cette somme représentent des rentrées qui échappent aux autorités car ces personnes ne travaillent pas, les 30 pour cent restants sont liés aux allocations versées à ces personnes en invalidité. »

Pourtant, une solution simple existe à ce problème. Afin de prévenir l’absentéisme qu’elle soit de courte ou de longue durée, et donc de réduire les coûts que cela engendre, il est primordial d’encourager la pratique d’une activité physique. Faciliter l’accès aux établissements sportifs à travers l’offre d’abonnements annuels à condition que ceux-ci soient fiscalement avantageux autant pour l’employé que l’employeur est une première approche.

On ne le dira jamais assez, l’activité physique régulière est une condition sine qua non pour une société saine et une entreprise pérenne et productive.

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