Starter Academy : s’éviter certaines difficultés dès le début

Par Julien Semninckx  - 3 août 2021 à 08:08 | 737 vues

L’envie d’entreprendre est parfois tellement forte qu’on en oublie quelques règles générales et principes de précaution. Selima Serouane, du Centre pour Entreprises en difficultés (CED), a distillé de précieux conseils aux Starters de la BECI Academy. Mieux vaut prévenir que guérir…

Le Centre pour Entreprises en Difficulté (CED) est l’un des nombreux partenaires de la BECI Starter Academy. Il entend apporter son expertise sur les motifs qui peuvent ralentir ou faire échouer un projet entrepreneurial. « Bien sûr, la Covid a causé de nombreuses faillites, mais cette situation est aussi parfois la conséquence de problèmes antérieurs à la crise sanitaire », précise Salima Serouane, coordinatrice CED. « Les mises en péril d’une entreprise peuvent dépendre de différents éléments qui varient entre un mauvais accompagnement, de mauvais conseils, pas de stratégie clairement établie, une inadéquation avec le marché ou la cible… Souvent, en lançant un projet, les personnes voient leur objectif, mais pas le meilleur chemin pour y arriver. »

Un bon plan financier

Incontournable, la question du financement. « Une mauvaise gestion pécuniaire peut avoir des conséquences malheureuses. Les plans financiers sont parfois un peu légers. C’est pourtant un outil de travail primordial qui doit tenir compte du court, du moyen et du long terme. »

Et désormais, il convient encore plus d’y intégrer des impondérables. « La Covid, personne ne l’a vu venir, mais elle est arrivée. D’où l’intérêt d’un plan financier en béton tenant compte des fonds propres et des financements traditionnels et alternatifs. Et ne l’oublions pas, c’est un bon plan financier qui permet d’obtenir un financement, de séduire des actionnaires, des associés… Il faut aussi, éventuellement, un plan marketing qui tient compte d’actions opérationnelles, de la visibilité sur les réseaux sociaux… »

Etudier le marché

Avant d’opter pour un statut d’indépendant, de prendre un numéro d’entreprise, de s’inscrire à la TVA, il n’est pas inutile de savoir si on a l’esprit et le mental d’un entrepreneur. « Des génies, des super-concepteurs ne sont pas forcément de bons dirigeants, de bons commerciaux. Ce n’est pas idiot de s’évaluer. Il existe de nombreuses études de personnalités. Certaines agences, comme Daoust, proposent également ce genre de tests. La bonne idée réside parfois à s’associer avec quelqu’un qui a la compétence qui vous manque. Et ainsi, faire réussir un projet. »

Il est également important de mener une étude de marché par rapport à son projet. « Se poser la question de savoir quelle est la concurrence, quels sont les besoins du client, à quel prix vendre son produit, est-ce que je peux gagner ma vie avec cela ?  Mais aussi avoir une connaissance pointue du milieu où l’on va évoluer, qu’est-ce qu’on va faire de son entreprise par la suite… »

Une motivation sans faille

Entreprendre, c’est un projet de vie professionnelle, mais aussi privée. « Il est non seulement important de se demander par qui on est entouré à l’extérieur, mais aussi à l’intérieur », souligne Salima Serouane. « Est-ce que je peux compter sur mes proches en cas de coup dur ? Et eux, peuvent-ils compter sur moi ? Car une entreprise devient vite un membre de la famille. Et si celle-ci prend beaucoup de place, qu’on rentre trop tard, cela risque de peser lourd. »

Il y a aussi la motivation. « Il faut avoir foi en soi et son projet. Quand on y travaille 60h/semaine, le temps s’écoule plus vite si on a une motivation infaillible. Elle passe au-dessus des distractions, c’est le moteur. »

Dialoguer avec son comptable

Après quelques mois ou quelques années, il faut parfois faire constat d’échec. Quelles sont les causes ? « Dans la moitié des cas, c’est un mauvais calcul financier. On n’a, par exemple, pas prévu suffisamment de trésorerie. C’est aussi un mauvais choix de comptable, ou plutôt un manque de communications avec lui. Souvent, l’entrepreneur ne sait pas quel est le rôle du comptable : ce qu’il peut lui demander, où commence sa mission et où elle s’arrête. Il ne faut pas hésiter à contacter son comptable : s’il ne peut répondre à mes questionnements ou ne répond simplement pas, il y a matière à s’inquiéter sur les raisons de cela. »

Et puis, il y a le relationnel. « De manière générale, il faut entretenir une relation cordiale avec ses clients, ses fournisseurs, l’ONSS, la TVA… Il ne faut pas avoir peur de les alerter en cas de souci et montrer sa bonne volonté. »

Rencontrer des pairs et se forger un réseau

Elément non négligeable, la solitude de l’entrepreneur. « Elle est réelle. Pour contrer cela, il faut entretenir un réseau de pairs, participer à des networkings, des formations pour apprendre et rencontrer de nouvelles personnes. Ces moments de partage sont d’une richesse inouïe. On y apprend des expériences d’autrui. » 

Il existe des initiatives d’accompagnement. Bien sûr, chez BECI, mais aussi des organismes publics et privés. « Il ne faut pas hésiter à les consulter car ils sont souvent gratuits et font partie de la solution. BECI est réceptacle mais aussi relais vers d’autres réseaux. Ce qui fait notre force mais aussi la force des entrepreneurs de faire appel au réseau. »

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