Urbanisme : il est temps de réinventer la ville

11 décembre 2020 à 08:12 | 876 vues

La crise sanitaire a mis le doigt sur la plaie : une transition est vraiment nécessaire dans la façon dont nous nous comportons envers l’environnement. Et cela passe également par notre façon de voir l’urbanisme.

« Il est fondamental que nous soignions et préservions notre planète, de plus en plus vulnérable. Chaque fois que nous perturbons les écosystèmes, nous mettons en danger un équilibre déjà fragile. Les résultats sont parfois tragiques, comme nous le constatons actuellement avec la crise du COVID-19 », déclare Peter Boelaert, chargé de presse de Solvay. Selon M. Boelaert, la crise actuelle rend plus urgente qu’elle ne l’était déjà la quête d’une transition durable.

David Roulin, CEO d’Art & Build Architects, estime pour sa part que les bonnes pratiques qui montrent ce qu’il y a moyen de faire et ce qu’il faut faire, existent déjà. Il fait référence à des méthodes de construction plus écologiques, à l’utilisation de matériaux bio, à l’évolution vers une économie circulaire et le zéro déchet. « Nous estimons que la crise du coronavirus peut servir d’électrochoc. Elle accentue la prise de conscience et pourrait aboutir à un changement de paradigme. »

Nicolas Germond, CEO de Veolia Belgium & Luxembourg, une entreprise spécialisée dans la gestion de l’eau, des déchets et de l’énergie, est sur la même longueur d’onde : « La brutalité avec laquelle  le coronavirus a frappé nous oblige à aborder une nouvelle réalité économique. La rapidité sera cruciale dans notre façon d’adapter nos comportements et de trouver des réponses durables en urbanisme. »

L’indispensable collaboration pour l’environnement

Solvay dispose de solutions qui peuvent concrétiser la transition. Songeons entre autres au remplacement du métal par des matières synthétiques légères dans les véhicules et les avions, pour réduire les rejets polluants. Ou encore le recours au carbonate de sodium dans le double vitrage, des pneus écologiques qui durent plus longtemps… L’économie circulaire constitue un aspect important dans cette transition. « La chimie est le seul secteur industriel qui soit capable de fermer la boucle de l’économie circulaire », déclare Peter Boelaert. « À titre d’exemple, Solvay vient de conclure un partenariat avec Veolia, grâce auquel les matières premières des batteries destinées aux véhicules électriques et hybrides peuvent être récupérées et converties en matières premières de haute valeur pour la production de nouvelles batteries. »

La collaboration est indispensable pour voir l’émergence d’une nouvelle façon de penser, de produire et de consommer, souligne Veolia. Comme le dit Nicolas Germond, « Toutes les industries et tous les niveaux des pouvoirs publics doivent prendre en compte ce changement. Il ne s’agit pas seulement de recyclage et de réutilisation, mais aussi d’un combat contre tous ceux qui programment l’obsolescence dans leurs appareils. »

Le savoir-faire est disponible

Art & Build Architects estime que la priorité va à l’aménagement du territoire. « Le développement d’une ville implique d’innombrables parties prenantes. Dès lors, si l’on veut créer de la valeur ajoutée pour tout le monde, il faut conduire le dialogue de façon réfléchie et intelligente. Plus on témoignera de respect aux citoyens, plus ils se comporteront de manière respectueuse envers l’espace public et le processus démocratique. Les initiatives dépendent encore trop souvent aujourd’hui du bon vouloir d’acteurs privés. Ces acteurs perçoivent la démocratie comme un frein au développement. Aujourd’hui, qui ose encore affirmer sans rougir que Bruxelles est la capitale de l’Europe, quand on voit l’état de délabrement de l’urbanisme de certains quartiers et de notre infrastructure ? »

La Belgique détient pourtant un savoir-faire considérable en développement durable, tant au sein des bureaux d’études que dans les entreprises. « Nous concevons et nous construisons mieux ici que dans d’autres pays », affirme David Roulin. « Voilà un trésor que nous exploitons trop peu. Il y a quelques années, la Ville de Paris a lancé l’opération ‘Réinventer Paris’. Ce plan d’action de grande ampleur a pour ambition d’être un catalyseur d’innovation en matière d’aménagement du territoire. Combien de temps devrons-nous encore attendre le plan ‘Réinventer Bruxelles’ ? ».

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