Mobilité à Bruxelles : les travailleurs exigent plus de flexibilité

7 décembre 2020 à 10:12 | 385 vues

La crise du Covid-19 ouvre de nouvelles perspectives à la mobilité à Bruxelles. Déclenchera-t-elle une politique de mobilité inclusive et durable, suffisamment attentive à chaque usager de la route?

L’épidémie de COVID-19 a provoqué une onde de choc dans la mobilité bruxelloise. En témoigne Urbike. Cette société coopérative spécialisée en logistique vélo a vu le nombre de livraisons en B2B chuter dès le début du confinement, ce qui s’expliquait bien sûr par les bureaux désertés dans la ville. Simultanément et heureusement, l’activité B2C – la livraison de colis à domicile – a augmenté. « La campagne ‘Mask Coronavirus Brussels’ a notamment généré un volume impressionnant, ce qui nous a obligés à recruter de nouveaux coursiers à vélo », explique Philippe Lovens, CEO d’Urbike. « Plus tard durant le confinement, la demande est retombée tout aussi rapidement et radicalement, et nous avons traversé quatre mois pénibles. De nouveaux clients tant B2B que B2C nous contactent depuis septembre et parmi eux, de grandes entreprises. En fin de compte, nous avons reculé pour mieux sauter. Nous sommes un prestataire de services efficace et avons pu conquérir notre place sur le marché bruxellois du commerce électronique ».

Jeasy, fournisseur de l’application de mobilité multimodale du même nom, considère la crise sanitaire comme un catalyseur pour une mobilité à Bruxelles plus durable. L’utilisation accrue de la bicyclette et le travail à domicile sont des tendances qui se dessinent nettement à Bruxelles depuis plusieurs années. « Le vélo – partagé ou non – fait partie des solutions que nous proposons », explique Sandrine Haenecour, directrice marketing de Jeasy. « La combinaison du vélo et d’autres modes de transport offre de nombreuses perspectives. »

Les modes de transport devraient s’épauler

Andreas Cremer, CEO de la Febiac, trouve inquiétant que la crise sanitaire ait détourné de nombreuses personnes des transports publics. Les gens ne veulent pas s’asseoir à proximité des autres dans un tram ou un bus, par crainte de contamination. « Il reste à voir comment cela évoluera. Le transport collectif constitue encore et toujours une partie essentielle d’un système de mobilité efficace. Nous constatons également que de nombreuses familles veulent continuer à disposer d’une voiture en tant que solution de mobilité. Une politique de mobilité à Bruxelles ne fonctionne que si elle est inclusive et si les différents modes de transport se renforcent mutuellement. Je ne suis pas convaincu que les mesures récentes prises par le gouvernement bruxellois soient un exemple de bonne politique. Je pense à la création à la sauvette d’une zone résidentielle dans le centre-ville, la fermeture de routes, la réduction des voies de circulation et l’aménagement improvisé de pistes cyclables. Cela crée davantage d’opposition que de complémentarité entre les différents modes de transport. »

Chez Jeasy, Sandrine Haenecour estime que les travailleurs ont fait preuve d’une improbable capacité d’adaptation au cours des derniers mois. « Ils expriment deux besoins clairs que l’employeur doit maintenant prendre en compte : la flexibilité et la simplification. Les départements RH des entreprises disposent de plateformes telles que Jeasy pour répondre à ces besoins. La mobilité en tant que service (MaaS) peut faciliter l’évolution nécessaire ».

Andreas Cremer, de la Febiac, croit également aux plateformes partagées et aux applications de mobilité. « La tarification kilométrique intelligente pourrait donner un coup de fouet à̀ ces concepts. Lorsque votre smartphone vous donne des informations en temps réel sur la solution la plus rapide et la plus économique à votre demande de mobilité, vous avez bouclé la boucle et créé un système de transport intégré qui récompense le comportement souhaité».

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