Comment les fonds européens boostent l’innovation bruxelloise

17 février 2026 par
Philippe Beco

Plusieurs PME ont décroché, ces dernières années, de précieux financements de l’UE.

On le sait, la présence des institutions européennes à Bruxelles est, en soi, un inestimable atout pour le rayonnement économique de la capitale. Mais au-delà, l’Europe joue aussi, à travers ses différents programmes de soutien à la recherche et l’innovation, un rôle moteur dans le développement des entreprises de la capitale. Horizon Europe, son programme phare, est doté d’un budget de plus de 90 milliards d’euros. Il finance, via des appels ouverts et compétitifs, les projets qui lui sont soumis par différents centres de recherche et entreprises à travers l’Europe.

Un exercice dans lequel nos acteurs économiques excellent. Entre 2021 et 2024, pas moins d’1,2 milliard d'euros de financements ont été accordés à des organisations bruxelloises – associations internationales, entreprises, centres de recherches, universités –, notait ainsi un rapport publié l’été passé par hub.brussels et Innoviris. De quoi classer Bruxelles au 4e rang des régions bénéficiaires, juste après Paris, Munich et Barcelone. Parmi ces organisations, 111 PME bruxelloises ont, au total, bénéficié de 140 millions d’euros d’aides.  « Elles représentent 77 % des financements Horizon Europe accordés au secteur privé belge », précise encore le rapport.

L’IA pour de nouveaux remèdes

Mais qui sont ces entreprises qui, souvent avec l’aide du National Contact Point de Hub Brussels, ont ainsi décroché un précieux financement ? Sans surprise, elles évoluent en majorité dans des secteurs et thématiques dont l’Europe a fait une priorité ces dernières. Beaucoup sont ainsi actives dans la santé, mais aussi l’énergie, l’intelligence artificielle, la mobilité ou l’alimentation.

Parmi elle, la pionnière Kantify, dont la technologie IA permet de prédire les effets inconnus des médicaments. L’Atlas qu’elle a mis au point répertorie les interactions entre près de 80.000 molécules ou composés naturel connus avec toutes les protéines humaines recensées, soit 1,4 milliards de scénarios possibles. Cette solution pourrait, à terme, révolutionner la mise au point de nouveaux traitements pour les maladies rares. Associée à d’autres partenaires européens, Kantify a décroché en 2023 un financement européen de 1,6 million d'euros.

 « 111 PME bruxelloises ont, au total, bénéficié de 140 millions d’euros d’aides »

On peut encore citer le fabricant de prothèses avancées Axiles Bionics ou moveUP dont les applications collectent, structurent et synthétisent les données de patients à domicile. Elles permettent aux hôpitaux, société pharma et medetchs de suivre à distance une revalidation ou comprendre l’évolution des symptômes et réactions aux traitements. Ces deux medtechs ont été soutenues par les moyens du Conseil européen de l'innovation (CEI) et son très sélectif programme EIC accelerator. « Vu son poids et sa crédibilité, la validation de nos plans par le CEI a clairement contribué à débloquer l’intervention d’actionnaires privés », explique Charles-Eric Winandy, directeur et cofondateur de moveUP.  Comptant le serial-entrepreneur belge Bart Becks au sein de son board, ce fonds d’investissements de l’UE consacré aux PME innovantes a vu ses moyens très fortement renforcés afin de soutenir la deeptech européenne.

Les yeux des robots

Ainsi, le CEI est notamment intervenu pour près de 2,5 millions d’euros afin d’accélérer le développement de VoxelSensors. A la pointe dans son domaine, la bruxelloise fondée en 2020 met au point des capteurs de perception 3D par laser, boostée à l’IA et équipant des lunettes de réalité virtuelle, des véhicules autonomes, des drones ou des robots. Sa technologie a déjà convaincu Qualcomm, le géant américain des puces, avec lequel elle a signé un partenariat de développement.

Depuis 5 ans, la start-up Octave développe quant à elle des systèmes de stockage d'énergie à partir de vieilles batteries (lithium-ion) de voitures électriques. En 2022 elle a obtenu une allocation d’un million d’euros du CEI. Autre bénéficiaire des fonds européens – pour plus de 4 millions d’euros au total – Beeodiversity est un bureau d’études environnementales poussées qui déploie des colonies d'abeilles afin de mesurer, grâce à l’IA, la pollution de l'environnement, les taux de pesticides et la biodiversité. Proposant ses services aux agriculteurs, aux industriels ou aux municipalités soucieuses de monitorer leur impact, la start-up bruxelloise compte UCB, Suez ou Worldline parmi ses clients.

On trouve encore plusieurs bénéficiaires bruxellois dans les secteurs du conseil, comme le cabinet d’avocats Timelex (à travers sa participation dans un projet sur le système énergétique européen), le spécialiste de l’observation marine Seascape ou encore, à Saint Gilles, le consultant White Research spécialisé dans l’analyse de marché et la gestion de l’innovation. Autant d’acteurs qui ont su convaincre de la qualité de leurs projets et obtenir les précieuses ressources européennes.

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