Mesurer la matérialité sociale : bon pour votre entreprise, votre personnel et la société

25 janvier 2023 à 15:01 | 97 vues

La mise en œuvre d’une politique ESG (environnement, social, gouvernance) est un processus long. Afin d’accompagner les PME, Grant Thornton et BECI ont mis sur pied une série de webinaires mensuels hébergés par la plateforme CONNECTS et destinés aux PME. Ouvertes à tous, les sessions regroupent de nombreux experts et responsables d’entreprises. Au-delà des concepts théoriques et outils méthodologiques, les intervenants partagent expérience pratique, conseils et idées.

« La question des compétences est également très importante. Avec la digitalisation, nous devons nous assurer que toute personne, au sein de notre organisation mais aussi dans la société, reste employable », Catherine Bals, Proximus.

Comment évaluer la matérialité sociale (‘S’) lorsqu’on veut mesurer la performance ESG d’une entreprise ? C’est pour répondre à cette question que fut organisé notre quatrième webinaire, le 17 janvier dernier. Une date particulièrement opportune, notait le PDG de CONNECTS, Joost Visser, puisqu’elle coïncidait avec l’ouverture du sommet de Davos dont l’un des principaux thèmes cette année était la main-d’œuvre et l’emploi.

 

Planter le décor

Après qu’Isabel Derison, associée chez Grant Thornton, avait rappelé les différentes étapes de ce que doit être une approche ESG pragmatique pour toute entreprise, Katherine Jespers,responsable Social & Governance au sein du même cabinet, entreprit de détailler les principaux aspects que la politique sociale d’une entreprise est censée aborder. La santé et la sécurité, les relations avec les employés, les droits de l’homme et les conditions de travail en font partie, ainsi que la diversité et l’inclusion, sur lesquelles l’experte a axé sa présentation.

Précision lexicale : alors que la diversité fait référence à la présence de personnes différentes dans une organisation, l’inclusion, elle, consiste à promouvoir un environnement dans lequel chaque employé se sent individuellement reconnu et habilité par l’entreprise à contribuer pleinement à ses objectifs. La diversité revêt des dimensions internes (genre, race, âge, préférences sexuelles, capacité physique,…), mais aussi externes (parcours professionnel, religion, habitudes personnelles, état civil) et organisationnelles (ancienneté, domaines de travail, niveau fonctionnel, etc…).

 

Le S chez Proximus

Ce fut ensuite à Catherine Bals, responsable du développement durable de Proximus, d’expliquer ce que signifie la matérialité sociale pour l’entreprise. L’opérateur belge a annoncé cette année avoir entièrement intégré la dimension ESG dans sa définition de mission, témoignant par là même de son engagement.

L’inclusion numérique est, de fait, au cœur des préoccupations de Proximus. Catherine explique comment, à travers ses activités et investissements, l’entreprise aborde cette question sous trois angles différents. Le premier est celui des qualifications professionnelles. Chez Proximus, cet engagement se résume par le mot d’ordre ‘employés engagés, compétents et heureux’, explique-t-elle. Mais il s’étend au-delà des frontières de l’entreprise. « Nous devons veiller à ce que les gens, au sein de notre organisation mais aussi dans la société, restent aptes à l’emploi », ajoute-t-elle, faisant notamment référence aux partenariats avec les organisations sociales MolenGeek, School 19 et Technobel ainsi que différentes initiatives dans le domaine éducatif.

Le deuxième pilier est l’accessibilité. À cet égard, les investissements massifs de Proximus dans son réseau de fibres optiques ont aussi pour objectif de rendre le numérique accessible à tous, via une stratégie de distribution différentiée et plusieurs programmes destinés aux plus fragiles.  Catherine mentionne également l’élaboration de solutions inclusives pour les personnes handicapées, notamment dans les applications et sites web, ainsi que les programmes ‘digital for youth’, ’good planet’ et ‘close the gap’.

La confiance – troisième pilier – fait directement référence à la problématique de la cybersécurité.  « Ici, il s’agit de collaboration et de protection », explique Catherine. Proximus investit massivement dans la sécurité de son réseau et de ses clients à travers des projets de renforcement et de sensibilisation.

Enfin, la responsable souligne, entre autres initiatives, le ‘digital inclusion by design index’,qui permet à chaque organisation de tester son inclusion numérique via un questionnaire et d’obtenir des conseils et astuces pour s’améliorer.

« L’objectif supérieur du S dans ESG est le respect des droits de l’homme par l’entreprise et la qualité des relations en son sein, et avec la communauté », Isabel Derison, Grant Thornton.

 

Close the Gap

L’une des organisations à vocation sociale avec lesquelles Proximus travaille est Close the Gap (CTG) Circular. Basée en Belgique, aux Pays-Bas et au Kenya, CTG collecte, remet en état et revend les équipements IT des grandes entreprises, le plus souvent à des fins non lucratives. Le matériel est ainsi utilisé dans des projets de développement, notamment éducatifs. L’impact sociétal (accès accru à l’informatique pour les personnes démunies) et écologique (réduction des déchets et de la pollution) sont les missions principales de CTG. Le fondateur et PDG Olivier Van den Eynde a fait part de son point de vue sur les aspects ‘S’.

Depuis 2003, CTG a rassemblé près de 1 200 000 appareils, soutenant plus de 8 500 projets dans le monde, principalement en Afrique. « Que ce soit en RDC ou en Belgique, nous assurons le même niveau de qualité pour les équipements que nous fournissons à tous nos clients, quelles que soient leurs origines ou conditions de vie. Ils fonctionnent comme s’ils étaient neufs, avec des logiciels enregistrés légalement », souligne Olivier.

Depuis Mombasa, CTG gère depuis 2019 une entreprise de recyclage informatique de pointe qui permet aujourd’hui à Olivier de nouer des partenariats similaires avec des entreprises est-africaines. Son équipe kenyane est composée de 50 employés. « Leur salaire est compétitif et certainement beaucoup plus élevé que s’ils travaillaient dans l’économie informelle, qui est dominante ici. Pour nous, c’est un autre aspect social très important », souligne-t-il.

« Les mesures de la présence de personnes issues de groupes socialement sous-représentés au sein de l’organisation et de votre direction donnent une bonne idée du degré d’inclusion de votre entreprise », Katherine Jespers, Grant Thornton.

D’une simple entreprise de recyclage de matériel informatique, CTG s’est progressivement transformée en un catalyseur technologique, un stimulateur et un incubateur d’entreprises. L’organisation accueille de jeunes porteurs de projets informatiques africains et les aide à convertir leurs idées en entreprises solides. 200 aspirants entrepreneurs ont participé au programme dédié, dont 10 ont reçu un financement direct.

« Une relation fournisseur-client est plus saine qu’une relation donateur-bénéficiaire. Bien qu’absolument nécessaire pour combler certains besoins, cette dernière est intrinsèquement inégalitaire. Alors qu’un client peut toujours se plaindre de son fournisseur », Olivier Vanden Eynde, CTG Circular

« J’utilise délibérément le terme client lorsque je parle de nos projets, car je crois davantage à l’entrepreneuriat social qu’à la façon traditionnelle de considérer une contribution charitable à la société. Pour moi, une relation fournisseurclient est plus saine. Bien qu’absolument nécessaire pour répondre à certains besoins, une relation donateur-bénéficiaire est intrinsèquement inégalitaire. En revanche, un client peut toujours se plaindre de son fournisseur », conclut le CEO.

 

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