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Depuis ses débuts modestes, DHL Aviation s’est hissé au rang des géants mondiaux de la logistique aéroportuaire. Fort de ses 1.600 collaborateur·ices, le hub bruxellois s’impose comme un maillon incontournable du transport d’envois critiques. Dans cet univers où le travail de nuit rythme le quotidien, quelles sont les règles qui encadrent ce secteur stratégique ? Immersion dans les coulisses d’une success story, en compagnie de Kirsten Carlier, Managing Director.
Quelles étapes ont marqué le développement de DHL Aviation à Bruxelles ?
K.C. : DHL s’est implanté à l’aéroport de Bruxelles durant l’été 1985, où nos activités ont débuté dans un petit hangar. En 1989, nous avons réalisé une première modernisation majeure de notre système de tri, avant d’inaugurer en 2017 un nouveau hub logistique ultramoderne à Brucargo, la zone de fret de l’aéroport de Bruxelles. Depuis quarante ans, nous avons été à l’avant-garde dans de nombreux domaines, du suivi des envois à la reconnaissance du droit des femmes à travailler de nuit.
Quel rôle joue votre hub dans l’écosystème logistique mondial du groupe DHL ?
K.C. : Bruxelles était autrefois le principal hub européen de DHL, mais en 2008 notre hub principal s’est déplacé à Leipzig. Depuis, Bruxelles fonctionne comme un hub régional. Mais comme la Belgique est un vrai pays d’exportation, nous sommes désormais le quatrième plus grand hub DHL au monde et le deuxième en Europe. Nous sommes spécialisés dans les expéditions urgentes : produits pharmaceutiques, pièces de machines critiques, documents personnels essentiels ou objets anodins, mais tout d’un coup importants, comme une clé de voiture de rechange lorsque des gens sont bloqués à l’étranger.
Quels sont les défis majeurs du travail de nuit ?
K.C. : Deux grands défis se posent. D’une part, le recrutement de personnes prêtes et aptes à travailler la nuit. Ce rythme n’est pas adapté à tout le monde et nos activités deviennent de plus en plus complexes : expédier un produit Life Science exige des compétences bien différentes de celles requises pour un simple colis e-commerce. Nous investissons donc largement dans la formation interne, mais cela reste un vrai défi. D’autre part, le débat sur les vols de nuit autour de l’aéroport demeure sensible. Pourtant, ils sont indispensables à notre activité : si le monde fonctionnait la nuit, nous pourrions opérer le jour ! Un durcissement des restrictions sonores aurait un impact considérable sur notre logistique.
« Le débat sur les vols de nuit autour de l’aéroport demeure sensible. Pourtant, ils sont indispensables à notre activité : si le monde fonctionnait la nuit, nous pourrions opérer le jour ! »
Quelles réglementations encadrent le travail de nuit dans le secteur aéroportuaire ?
K.C. : En Belgique, la législation nationale et les conventions sectorielles définissent le travail de nuit pour les heures effectuées entre 20 h et 6 h. Chez DHL Aviation, nous appliquons un régime plus avantageux : les collaborateur·ices qui commencent à partir de 18 heures ou qui terminent à 8 h du matin bénéficient d’une prime de nuit de 20% sur l’ensemble de leurs heures prestées. Cet avantage,
négocié avec les partenaires sociaux, est inscrit dans notre convention collective d’entreprise. Notre quart de nuit s’étend de 18 h à 6 h 30, complété par un court quart matinal dès 6 h, essentiel pour finaliser les opérations d’importation initiées durant la nuit. Les horaires sont organisés selon les besoins opérationnels, tout en veillant à offrir les mêmes avantages à l’ensemble de nos équipes. Ces différents plannings constituent aussi un atout pour concilier vie professionnelle et personnelle. Grâce à notre politique de primes élargies et à d’autres avantages internes, DHL Aviation dispose d’une attractivité renforcée sur le marché du travail de nuit.
« Notre entreprise fonctionne en continu. Nous pouvons offrir une large palette de formules de travail flexibles, adaptées à chaque situation »
Le flexi-job s’inscrit-il dans vos pratiques de recrutement ?
K.C. : Le système de flexi-jobs ne s’applique pas à notre secteur. Néanmoins, nous privilégions une approche agile et créative dans la gestion de l’emploi. Notre objectif est de concilier nos besoins opérationnels avec les préférences personnelles de nos collaborateur·ices. Certains choisissent de travailler à temps plein la nuit, d’autres préfèrent un quart plus court, par exemple de 20 h à minuit, ou encore une activité concentrée le samedi. Puisque notre entreprise fonctionne en continu, 24 h sur 24 et 7 jours sur 7, nous pouvons offrir une large palette de formules de travail flexibles, adaptées à chaque situation.
Quels sont vos projets pour les 40 prochaines années ?
K.C. : Nous sommes là pour rester et attendons avec impatience les quarante prochaines années. Il va de soi que DHL en 2065 ne sera pas le DHL de 2025, tout comme nos opérations aujourd’hui ne sont pas comparables à celles de 1985. Quarante ans, c’est très long en affaires, donc il n’est pas sage de prédire l’avenir. Mais DHL est un prestataire de services et tant que l’économie belge continuera de croître, nous aussi. Dans un monde en mutation, nous essayons d’être un partenaire stable et fiable pour nos clients, tout en continuant à nous spécialiser dans les industries d’avenir, comme les produits Life Science & Health ou les nouvelles énergies. Et nous le ferons de la manière la plus durable possible. Nous avons ainsi investi dans l’électrification de notre matériel de soutien au sol et dans les carburants d’aviation durables.
Pionnier du transport de nuit, DHL Aviation Bruxelles continue de façonner l'avenir du transport aérien, en repoussant sans cesse les limites de la logistique moderne. Engagement durable et croissance responsable : tel est le credo d’un hub d’exception.
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