Travailler dans un contexte bilingue, c’est enrichissant… et parfois frustrant. Entre les mots qui manquent et les appels qui vont trop vite, on peut vite se sentir à côté de la plaque.
Bonne nouvelle : vos collaborateur·rice·s n’ont pas besoin d’être parfaitement bilingues pour bien travailler ensemble. En tant que responsable RH, vous pouvez poser un cadre qui facilite les échanges. Voici trois conseils concrets pour améliorer la collaboration au sein de vos équipes bilingues.
1. Ne faites pas semblant d’avoir compris !
Un appel téléphonique dans l’autre langue peut souvent donner des sueurs froides : on reconnaît quelques mots, on devine le sens… puis on raccroche avec un doute tenace. Le bon réflexe n’est pas de faire semblant d’avoir compris, mais de reprendre la main sur le rythme.
Demandez à votre interlocuteur·rice de parler plus lentement ou de reformuler. C’est normal et professionnel. Prenez aussi l’habitude de résumer en une phrase ce que vous avez compris : « Si je comprends bien, vous souhaitez… ? ». Cette mini-synthèse permet de clarifier immédiatement ce qui est flou et rassure tout le monde.
N’hésitez pas non plus à demander une confirmation par e-mail. Avoir l’essentiel noir sur blanc fait gagner du temps, évite les interprétations, et permet de relire calmement après coup.
2. Faites des fautes !
L’un des plus grands pièges du bilinguisme, c’est l’autocensure : on écoute, on comprend globalement, mais on n’ose pas intervenir par peur de commettre une faute ou de chercher ses mots. Or, c’est précisément en parlant et en faisant des fautes que l’on progresse.
Pour y arriver sans stress, créez des conditions favorables. Posez le cadre avec vos collègues : « N’hésite pas à me corriger, j’ai envie de m’améliorer ». Cette phrase simple enlève une partie de la pression et invite l’autre à être bienveillant·e.
Pensez aussi à trouver un·e buddy : un·e collègue néerlandophone en qui vous avez confiance. Ce sera votre partenaire idéal·e à qui vous pourrez vos questions linguistiques et avec qui vous pourrez échanger des idées pour continuer à apprendre en dehors du travail.
3. Ne prenez rien personnellement !
Faire une bise ou serrer la main ? Parler de la pluie et du beau temps ou directement entrer dans le vif du sujet ? Néerlandophones et francophones n’interagissent pas toujours de la même manière.
Les Flamand·e·s ont par exemple parfois tendance à être assez direct·e·s dans leur communication (par e-mail), tandis que les francophones accordent beaucoup d’importance à la salutation ou aux "small talks".
Gardez en tête que les codes culturels peuvent varier et évitez de tout interpréter sur un plan personnel. Si quelque chose vous met mal à l’aise, dites-le simplement à votre interlocuteur·rice. Le plus souvent, c’est en en parlant qu’on dissipe les malentendus et qu’on se comprend mieux.
Communiquer dans un environnement bilingue, ce n’est donc pas viser la perfection : c’est apprendre à sécuriser la compréhension, oser prendre la parole, et être ouvert·e à l’autre. Avec un peu de bonne volonté et un minimum de bienveillance, les barrières linguistiques et culturelles peuvent devenir des passerelles vers une véritable collaboration entre francophones et néerlandophones.
- Aubry Touriel, Rédacteur en chef adjoint / Responsable des formations DaarDaar
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